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LE MILLESIME 2011 AU CHÂTEAU DURFORT-VIVENS

La climatologie : Une année chaude et sèche

Début avril, le démarrage du cycle végétatif de la vigne a été marqué par des conditions estivales avec de fortes chaleurs et un temps particulièrement sec. Le débourrement et le début de croissance des rameaux ont été précoces (près de 2 semaines d’avance) et très homogènes ainsi que la sortie des grappes. A ce stade, nous nous attendions à un millésime très précoce et plutôt généreux.

Malheureusement, le 4 juin, cette dynamique a été stoppée dans son élan par un fort orage de grêle qui a sinistré de nombreuses parcelles de notre vignoble avec des degrés d’intensité variables. Au moment des vendanges, les pertes constatées en volume variaient de 15 à 80% selon les zones.

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Le début d’été plus frais que ce que nous avions connu ces dernières années a réduit l’avance végétative mais les vendanges ont tout de même débutées dès le 09 septembre.

Un fort épisode pluvieux début août a permis de relancer le métabolisme de la vigne que la sècheresse avait ralenti. La véraison a démarré rapidement et fut plus régulière que ce que la floraison n’avait laissé présager par sa durée, malgré les belles conditions printanières.


Le temps chaud et sec qui a suivi permit une maturation et des vendanges dans de très bonnes conditions.

Le travail au vignoble : Un gros travail estival

Le printemps extrêmement clément n’a pas été propice aux maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium) et nous avons pu ralentir les cadences de traitements y compris sur les 30% du vignoble conduits en biodynamie. A ce titre, 2011 se présente comme une année record avec 2 fois moins de traitements que d’habitude.

En revanche, les travaux en vert ont demandé une attention particulière, les dégâts occasionnés par la grêle ainsi que la sécheresse ayant induit une forte hétérogénéité de développement des grappes.

Nous nous sommes concentrés très tôt sur la sélection des grappes en supprimant non-seulement comme chaque année les reverdons (grappes des entre-cœurs, plus tardives) mais aussi toutes les grappes ou portions de grappe en retard à la véraison. Ce travail méticuleux nous a assuré une bonne homogénéité de maturité au moment des vendanges.

Les vendanges : le passage aux cagettes et au «cube»

En 2010, nous avions généralisé le transport de la vendange en bacs de 400 kg sur des camions plateau pour réduire au maximum la trituration de la vendange et la production de jus.

Bien que satisfaits du progrès qualitatif de ce process, la prise en charge des bacs au cuvier était très contraignante et nous avons voulu l’automatiser.

Compte-tenu des dimensions imposantes des bacs pour leur manipulation, le choix des cagettes s’est imposé dans le cadre d’une automatisation de la réception de vendange.

cagettes

Un système autonome et mobile intégrant le pesage et le lavage de chaque cagette a été conçu sur mesure. L’automate du système permet une traçabilité parfaite.

Nous bénéficions ainsi de tous les avantages de la cagette sans ses contraintes.

Ce dispositif est couplé en aval avec une table de tri que nous utilisions jusque-là au bout des rangs de vigne.


cube

L’autre nouveauté cette année à Durfort-Vivens réside dans le mode d’égrappage de la vendange. Les érafloirs classiques sont difficiles à régler finement en fonction de l’état de la vendange et du niveau de maturité. Ils ont tendance à générer beaucoup de jus et de portions de rafles rendant compliqué le tri sur raisins.

Nous avons donc choisi le système dit « le cube » qui fonctionne sur le principe de la machine à vendanger mais en fixe au cuvier (pas d’atteinte à l’intégrité de la vigne si l’on compare aux machines). Les grappes sont soumises à des vibrations pendant un temps et avec une fréquence ajustables. Les raisins et les rafles entières tombent sur le système de tri mécanique qui élimine les graines millerandées et les rafles. Restent les « billes » qui finissent sur une dernière table de tri pour peaufiner le travail et encuver du « caviar ».

Ayant déjà lors des précédentes récoltes le système de tri mécanique, nous avons particulièrement apprécié l’apport du nouvel érafloir qui évite toute génération de jus et réduit très sensiblement les déchets verts.


Maturité : Une année précoce

Les contrôles de maturité au moment du ramassage sur les 11 dernières années sont décrits ci-dessous pour deux de nos parcelles de référence (un merlot, un cabernet sauvignon).

Note : ApH1 traduit la quantité totale d’anthocyanes

ApH3,2 représente la part disponible de ces anthocyanes par extraction

Mp (%) Indice de polymérisation des tanins de pépins

Parcelle de Merlot sur Graves sèches

merlot

Parcelle de Cabernet sauvignon sur Graves sèches


cabernet

Malgré le ralentissement du cycle végétatif de la vigne en début d’été, la précocité du millésime 2011 reste significative en fin de maturation. Il s’agit en effet, après le 2003, du millésime le plus précoce de ces vingt dernières années.

Cette avance trouve son origine en début de cycle végétatif avec des conditions climatiques exceptionnellement chaudes et sèches au printemps alors que la précocité de 2003 s’explique par les conditions estivales (fin de cycle) caniculaires.

Plutôt qu’une accélération de la maturation, nous avons observé un décalage de celle-ci avec un début de véraison environ 2 semaines plus tôt que ces dernières années.

Le graphique ci-dessous illustre bien les différences entre 2003 et 2011. Il est à noté qu’à partir de la véraison, le millésime 2011 a suivi une évolution thermique identique à 2005 et comparable bien que plus précoce à 2009 et 2010.


Somme des températures moyennes journalières supérieures à 10°C :

temp

La maturation des raisins a donc été régulière sur une durée classique préservant les équilibres sucres – acides et couleur – tanins que nous sommes habitués à obtenir sur notre vignoble.

Il faut souligner que cette précocité était la bienvenue cette année compte tenu de la pression sensible du botrytis. Certaines parcelles n’auraient pas pu attendre beaucoup plus longtemps pour être vendangées à maturité.


Les vinifications : Prudence et maîtrise

Si le travail à la vigne a été important, la conduite des vinifications a, elle aussi, demandé beaucoup de doigté.

Nous avons conduit des extractions courtes et douces, à températures basses. Les contrôles de maturité montrent que 2011 ne se caractérisait pas par une maturité des pépins record. Les degrés étant élevés, il était important d’extraire en début de fermentation plutôt qu’en post fermentaire (risque d’extraire des tanins de pépins durs).

Cependant, les bons niveaux de concentration en composés phénoliques ainsi que les bons rapports marc/jus ont permis d’obtenir des vins plutôt riches (IPT élevés) sans trop extraire, d’autant que les vins de presse se montrent très qualitatifs et seront utiles aux assemblages.


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